Glaneuses et glaneurs, exposition collective à la Friche la Belle de Mai à Marseille du 28 août au 4 octobre 2026

L'exposition multidisciplinaire "Glaneuses et glaneurs" présente les travaux des trente-six diplômé·es 2026 des Beaux-Arts de Marseille. Chloé Bonnie More assure le commissariat, s'inspirant du film "Les Glaneurs et la Glaneuse" d'Agnès Varda.

L'événement se tient du vendredi 28 août au dimanche 4 octobre 2026 à la Friche la Belle de Mai à Marseille.

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Jusqu'au

14:00 • 15:00 • 17:00 • 18:30 • 19:00 • 20:00 • 20:30

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Plus d'infos sur l'exposition Glaneuses et glaneurs

Pour la cinquième année consécutive, l’école des Beaux-Arts de Marseille (un établissement Campus art Méditerranée) présente les travaux de ses diplômé·es du DNSEP en art et design (promotion 2026) à l’occasion d’une exposition collective. Commissariat : Chloé Bonnie More. Inaugurée à l’occasion de l’ouverture du salon Art-o-ama, l’exposition sera ouverte au public pendant cinq semaines. Cet événement vient clore le cursus des diplômé·es et leur offre un tremplin à leur sortie de l’école. Après le succès des expositions Habitacles dont le commissariat a été assuré par Jeanne Mercier, puis DRIFT – Dérapage contrôlé par Karin Schlageter, Campus Panic par Salma Mochtari, et enfin Entre deux eaux par Line Ajan, c’est au tour de Chloé Bonnie More d’accompagner trente-six jeunes artistes et designer·euses diplômé·es en juin 2026.

« Si on ouvrait les gens, on trouverait des paysages. » — Agnès Varda. En conversation permanente avec leur environnement, les trente-six artistes diplômé·es en 2026 des masters art et design des Beaux-Arts de Marseille partagent une attention particulière aux formes discrètes, délaissées ou minorées du monde qui les entoure. Formé·es sur le campus de Luminy, entre les reliefs des Calanques et l’étendue urbaine marseillaise, iels observent, prélèvent, déplacent et transforment des fragments. Matières trouvées, gestes, images, archives ou récits deviennent les points de départ de leurs œuvres. Le titre de l’exposition rend hommage à l’enquête poétique menée par Agnès Varda dans Les Glaneurs et la Glaneuse 1 . Dans ce film, glaner devient une manière d’entrer en relation avec le monde depuis ses marges, de porter attention à ce qui a été laissé de côté et de proposer de nouvelles formes de proximité. Glaner est un geste ancien de subsistance, lié aux cultures agricoles. Chez les artistes de Glaneuses et glaneurs , il devient une manière de maintenir ouverte une attention à ce qui échappe aux régimes dominants de visibilité, mais aussi de résister aux logiques d’effacement et d’obsolescence qui traversent nos sociétés contemporaines. Le mouvement de la récolte, et particulièrement celui de l’inclination, rejoint la pensée de la philosophe Adriana Cavarero 2 , qui oppose à la figure d’un sujet autonome un mouvement du corps vers ce qui l’affecte, l’expose à l’altérité et le constitue dans la relation. À travers leurs gestes de collecte et de transformation, les trente-six artistes de cette exposition dessinent les contours d’une génération attentive aux interdépendances. Les œuvres réunies dans l’exposition prennent appui sur des traces matérielles et immatérielles : enregistrements sonores de témoignages, collectes d’images intimes et collectives, formes hypertextuelles, parodies critiques, recherches de nouveaux matériaux, documentations littérales ou poétiques, sculptures protéiformes et créatures hybrides en tous genres. À rebours des logiques d’extraction qui réduisent les territoires, les corps ou les récits à des ressources exploitables, leurs œuvres donnent à voir différentes cartographies sensibles où les formes ne cessent de se révéler au contact les unes des autres. Les œuvres composent des espaces d’attention où le réel ne s’oppose plus à la fiction, mais apparaît à travers les histoires que nous choisissons d’y recueillir. — Chloé Bonnie More

1 Agnès Varda, Les Glaneurs et la Glaneuse, film documentaire, France, 2000, 82 min.
2 Adriana Cavarero, Tu che mi guardi, tu che mi racconti. Filosofia della narrazione, Milano, Feltrinelli, 1997. Voir également Adriana Cavarero, Inclinazioni. Critica della rettitudine, Milano, Raffaello Cortina Editore, 2013 (trad. fr. Inclinations. Critique de la rectitude, Paris, Des femmes-Antoinette Fouque, 2014). Dans ces ouvrages, Cavarero développe une pensée de la relation et de l’inclination, opposant à la figure d’un sujet autonome et autosuffisant une subjectivité constituée par son exposition à l’autre.

AVEC Maud Abram, Valentin Aubert, Zoé Bardot, Hélène Berlemont, Eugénie Boetzlé, Salomé Bonheur – Wild Business, Kali Bötschi-Candia, Cesar Bouroullec & Julie Rigutto, Enrica Casentini, Clorindre Châlon-Lacour, Morgane Dagorne, Lili-Marie Delattre, Yijie Fan, Elliot Fortin, Ugo Celeste G., Zoé Hulot Gardé, Cosima Gentemann, Peter Haddad, Fritzi Harreck, Léon Heitz Zambo, Mathilde Jardin, Victoire Junot, Lucie Etna Lefebvre-Hawthorne, Florian Leu, Loukïa Moraïtis, Alexandre Malvault, Émilie Martinez, Ngombet, Claude Naudin, Rubén Pioline, Semeli Prokopiou, Églantine Rousset, Marie-Myriam Soltani, Lilou Tasman, Claire Tea, Kaki Weiss

Chloé Bonnie More est commissaire d’exposition indépendante et historienne de l’art. Son travail de commissariat se développe autour des questions de design collectif, d’hospitalité, d’alimentation et de production du commun. Nourrie par des approches issues des sciences sociales et cognitives, son travail curatorial met en dialogue les pratiques artistiques contemporaines avec les champs de l’architecture, de la performance et du théâtre. Dans cette exposition, elle dévoile les œuvres et les productions qu’elle a spécifiquement sélectionnées pour ce grand rendez-vous annuel.

PROGRAMME DE PERFORMANCES, ACTIVATION D’ŒUVRES ET CONFÉRENCES

VENDREDI 28 AOÛT 20H | Petit Plateau | Entrée libre dans la limite des places disponibles
Wild Business – Salomé Bonheur The Bedbug Theory (2026, 18 minutes) – Conférence performée
Dans The Bedbug Theory, Wild Business – conférencier, influenceur, à la cool, mental de dingue, créateur de contenu, alarmé et alarmante, angoissé et angoissante – présente à travers une conférence sa théorie de la punaise de lit. Après avoir été mordu par cet insecte dans un hôtel, il réalise que cette expérience est la plus importante de sa vie et qu’il a en réalité toujours été une punaise. La bedbug est l’animal le plus capitaliste et le plus cool du monde. Wild Business est un personnage créé et incarné par Salomé Bonheur. En tant que lesbienne de la gen Z, Salomé Bonheur tient à laisser la parole au genre dominant et développer leur espace culturel. Wild Business est un hommage à tous les vieux mans qui ont un micro.

20H30 | Petit Plateau | Entrée libre dans la limite des places disponibles
Elliot Fortin ChaleurMax (2026, 20 minutes) – Performance musicale
Concert live de l’EP CHALEURMAX par le duo Dj Chaleur et Max Klank. Textes personnels sur des instrumentales entre trip-hop, pop et électro.

DIMANCHE 30 AOÛT 15H | Belvédère du toit-terrasse | Sur présentation du billet d’entrée aux expositions
Kaki Weiss Tends la main (2026) – Performance
Le repas propose une activité collective où les invité·es sont amené·es à trouver leur place, observer, manger, échanger et graviter librement autour des objets et des autres. Les différents supports et éléments du repas créent des variations et des interactions entre les participants. Le projet s’inspire de l’allégorie de La Simorgh – oiseau matriciel –, 30 oiseaux lancés dans une quête, un voyage. Transposés, les convives deviennent à la fois chercheur·ses et miroirs, se plaçant devant des surfaces réfléchissantes, jusqu’à réaliser que l’objet de leur recherche réside au sein de leur être commun. Le repas reprend cette idée de langages qui participent à une forme d’unité collective.

MARDI 29 SEPTEMBRE 18H30 | Petit Studio | Gratuit sur inscription
Maud Abram Glitch as a way to outflank (2026, 20 minutes) – Performance
De quoi parlons-nous lorsque nous parlons d’identité ? Quels héritages façonnent la conception que nous en avons ? Pouvons-nous nous détacher de la violence que porte ce mot lorsque nous l’utilisons dans nos luttes ? Cette projection-performance navigue à travers enquêtes archivistiques, fictions spéculatives, interviews et écritures poétiques, à la recherche de débordements queers comme outils de sabotage des systèmes de contrôle identitaires, depuis la fin du 19ème siècle jusqu’à nos jours.

19H | LaboFriche | Gratuit sur inscription
Églantine Rousset Couleurs Immergées – prêter attention au vivant – Conférence
« À travers ma pratique d’artiste-designer, j’explore la manière dont le design peut devenir un outil de relation au vivant. Entre observations de terrain, rencontres avec la recherche scientifique, expérimentations plastiques et élaboration de protocoles, je m’intéresse particulièrement à des formes de vie avec lesquelles nous cohabitons, mais que nous voyons peu. La conférence reviendra notamment sur mon projet Couleurs Immergées, une recherche menée sur le littoral marseillais visant à aller à la rencontre d’espèces marines, et sans les altérer, à relever leurs couleurs afin de constituer une archive chromatique du vivant. Face à la transformation des écosystèmes, la couleur devient alors à la fois une forme de mémoire et un outil de connaissance, mais aussi un moyen de ralentir, d’observer et de rendre sensible notre relation à la biodiversité qui compose nos territoires. »

20H | LaboFriche | Gratuit sur inscription
Eugénie Boetzlé Matière de rencontres – Conférence
À la lisière du design et de l’artisanat, Eugénie Boetzlé retrace une itinérance de deux mois à vélo dans le nord-ouest de la France, à la rencontre de céramistes qui récoltent et transforment les matières de leur territoire. À travers cette expérience, elle explore les liens entre création, itinérance et modes de production, en tentant de faire émerger de nouveaux imaginaires de fabrication. La céramique devient alors un point d’entrée pour interroger nos manières de produire, de circuler, de composer avec les ressources d’un territoire et de cohabiter avec le vivant.

Dates de représentation : Glaneuses et glaneurs

Septembre 2026
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